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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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mardi 28 mai 2019

Un Yamakai à Wazuka !

Chose promise chose due, voici le sencha cépage Yamakai de Wazuka.
Il s'agit d'abord d'un vrai sencha non ombré, c'est qui n'est pas souvent le cas avec les "sencha de Uji" la plupart du temps fortement ombrés (je rappelle qu'à Kyôto, on ne parlera de "kabuse-cha" qu'à partir de 14 jours d'ombrage !). Et bien sûr il s'agit du cépage Yamakai. Mes lecteurs et utilisateurs de Thés du Japon savent combien je chérie ce cultivar aux arômes si particuliers.
Il fait partie de la série Shizu-7000, cultivars sélectionnés à Shizuoka dans les années 60 à partir de graines de Yabukita, Shizu-7132 étant très connu, mais on trouve aussi Shizu-7111 (Kurasawa) et donc Shizu-7166 qui fut enregistré sous le nom de Yamakai. Assez riche en umami il s'était répandu surtout pour des thés ombrés, mais son parfum trop particulier lui donna une mauvaise réputation auprès des grossistes, mais aussi de certains amateurs. En clair ce fut un mal-aimé, qui devient ainsi de plus en plus rare aujourd'hui.
Cela me semble vraiment dommageable lorsque je constate au contraire que les amateurs aujourd'hui semblent très friands de ses arômes, et que cette combinaison d'arômes très reconnaissables et de douceur font de Yamakai un cépage sur mesure pour les nouvelles tendances du thé au Japon, privilégiant (tant bien que mal) la personnalité et la diversité.
J'avais en tête depuis un moment de pouvoir trouver de bons (c'est à dire dont les caractéristiques sont bien présentes) Yamakai non ombrés en dehors de Shizuoka. C'est chose faite ! en provenance de Wazuka, et même de Harayama plus précisément (comme l'excellent Yabukita que je propose depuis plusieurs année). Il s'agit là encore d'une petite production, exclusivement sur Thés du Japon.
Tout l'intérêt est d'avoir, bien sûr un Yamakai, mais aussi un Yamakai qui donne un thé dans le style de Uji. Et je crois que c'est réussi !
A la différence des Yamakai de Shizuoka que je propose, celui-ci à une torréfaction finale (hi-ire) extrêmement faible. Ainsi, le parfum des feuilles est léger et plutôt vert, mais on y trouve pourtant le fruité caractéristique, l'impression de vieux cuire de ce cépage.
 L'infusion, très claire, donne au nez une impression similaire. L'attaque est modérée, plutôt douce si le thé n'est pas infusé trop fort, et la liqueur, à l'impression très fraîche, est équilibrée, sans excès d'umami ni astringence prononcée. On est assez loin de certains Yamakai de Shizuoka très puissants, néanmoins on remarque très vite une grande richesse aromatique. Avec cette torréfaction très faible, la palette aromatique est dominée par une sensation de fruits d'été juteux, du melon vert plus particulièrement (il est fascinant de constater comme cette sensation est plus forte encore avec une infusion à la glace ou à l'eau glacée, que je recommande donc). Aussi, on trouve les notes de fruits rouges auxquels les Yamakai plus torréfiés nous ont habitué, en revanche il est naturellement plus difficile de discerner les arômes de gaufrettes, clairement due à la chaleur.
L'impression assez verte, très claire, l'équilibre en légèreté entre umami et astringence me semblent ici très caractéristiques du style de Uji sur des thés non-ombrés. Voir s'y ajouter avec délicatesse les arômes de Yamakai font de ce sencha l'un des mes gros coup de cœur de l'année.

Ce thé, comme d'autres, me fait m’interroger, m'inquiéter même, sur le sort de ces cultivars maintenant anciens, mais très aromatiques comme Yamakai bien sûr, mais aussi Sayama-Kaori, Shizu-7132, Kanaya-midori, etc. En clair, j'ai avec ces cultivars un certain nombre de thés excellents avec des caractéristiques claires, mais beaucoup de ces plantations commencent à vieillir, et je crains qu'il y ait de moins en moins de chance de voir des producteurs replanter ces cultivars ancienne génération. Et dans le même temps, je vois, pour l'instant, assez peu de nouveaux cépages (trop obnubilés par la couleur et l'umami) si intéressants du point de vu aromatique. Si avenir il y a pour le thé japonais, celui-ci reste très difficile à prévoir. Réjouissons-nous et profitons pour l'instant de tous les excellents thés que nous avons, et ne restons tout de même pas tourné vers le passé en gardant espoir pour le futur, rappelons-le, le thé japonais n'a probablement jamais été aussi bon qu'il ne l'est aujourd'hui !

1 commentaire:

  1. Merci pour tes articles toujours aussi intéressant et instructifs! Le yamakai est l'un de mes cultivars préfères et il serait bien dommage s'il disparaissait. Espérons que lorsque ces théiers seront vieux les cultivateurs feront le bon choix.

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