Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

samedi 21 décembre 2019

Thé noir de Sashima, 2nd flush, cultivar Sayama kaori

Suite à mon dernier article sur le formidable thé noir de Kameyama cépage Benihomare, je continue sur ma lancée avec cet autre thé noir, de Sashima cette fois, avec le cépage Sayama-kaori, en récolte d'été.
Sashima est pour rappel une petite région productrice de non loin de Tokyo, dans le département de Ibaraki.
Le thé noir de Sashima est particulièrement mis en lumière depuis quelques années pour le thé noir Izumi de M. Yoshida, mais il s'agit là d'un autre producteur, M. Hanamizu, qui fait aussi des merveilles.

Bien que très simple, ce thé noir est une véritable merveille de gourmandise.
Sa belle infusion fleure bon le miel et le caramel. Le parfum est ainsi très sucré, mais avec une subtile pointe acide donnant plus de volume. On trouve aussi des notes de cacao.
En bouche ce thé est tout aussi gourmand, avec des arômes très fidèles à ceux qui ont déjà flatter notre odorat. Bien sûr, cette caractéristique sucrée n'est en rien lourde, l'infusion est très fluide et l'on retrouve la texture d'un vrai bon thé noir avec avec des tannins légers et élégants.
Ce thé a du corps et la longueur est au rendez-vous.

Enregistré en 1971, Sayama-kaori est à l'origine un cultivar à sencha, connu pour son parfum particulier, mais aussi sa tendance à une astringence marquée. S'il est difficile de reconnaître là le parfum de Sayama-kaori, la dominante de miel provenant probablement des morsures d'insectes "unka", il est en revanche aussi probable que ce cépage donne une base tannique tout à fait désirable pour la confection de ce type de thé noir à l'oxydation importante.
D'une manière plus générale, il est intéressant de voir les cépages considérés comme destinés au thé vert donnent des thés noirs parfois excellents  lorsque la manufacture est bien faite, en particulier dans ce type de fabrication de style chinois plutôt qu'indien.
Avec beaucoup de cépages, beaucoup de tendance de fabrication, le thé noir japonais n'a je pense pas fini de nous surprendre.

lundi 16 décembre 2019

Thé noir de Kameyama, cultivar Benihomare 1st

Encore une fois et ce n'est pas fini, je vais parler d'un genre qui me passionne particulièrement ces derniers temps : le thé noir. Et pas n'importe lequel cette fois puisqu'il s'agit d'un Benihomare.
Benihomare (prononcez Bénihomaré) est le cépage historique au Japon, pour le thé noir bien sûr, mais pas seulement puisqu'il est issu d'une sélection parmi les théiers dits "Tada-inzatsu", enfants des théiers issus des graines ramenées d'Inde par Tada Motokichi en 1877, première expérience de ce genre au Japon.
C'est dans les années 30 qu'il est sélectionné, nommé alors C8, et est planté avec d'autres cépages à thé noir de type Tada-inzatsu, dans diverses régions pilotes, dont Kameyama dans le département de Mie, d'où provient mon thé du jour.
En 1953, on procède à la première série d'enregistrement officiel de cépage à thé, avec 15 cultivars, dont 5 à thé noir ! C8 est nommé Benihomare, numéro 1 de la liste. On trouve évidemment dans cette liste Yabukita ou encore Asatsuyu.
Benihomare a servi pour faire création d'autres cépages à thé noir, Benifuji et Benifûki, ou encore Izumi.
Bien qu'il fut reconnu pour sa qualité dans le concours locaux, ainsi même qu'à Londres où furent envoyés des échantillons, les échecs de la production du thé noir au Japon puis la libéralisation du commerce international du thé sonnèrent le glas
de ce cépage ainsi que des autres cépages à thé noir.
Avec quelques théiers Benihomare restant à Kameyama, ce thé noir revis depuis 2011.

Je voulais pouvoir présenter avec Thés-du-Japon ce Benihomare de Kameyama, j'ai pu avoir un tout petit peu de ce first flush 2019 cette année.

De prime abord, le parfum, très agréable, semble très simple, ou tout du moins très classique dans le bon sens du terme. Pourtant, avec peu plus d'attention, on remarque comme la senteur de ce thé noir est riche, sucrée et vanillée, avec des notes boisées, une touche de pamplemousse aussi.

En bouche c'est très équilibré, avec suffisamment de corps, mais pas excessivement fort. La première impression est celle d'une infusion très fluide, avec ensuite juste de ce qu'il faut de tannique, l'astringence est présente mais très raffinée. Restent alors en bouche des arômes légèrement boisés encore, mais surtout sucrés, évoquant des bonbons aux agrumes.
L'ensemble donne une impression de fraîcheur qui contraste tant avec la richesse aromatique qu'avec le corps de ce thé Benihomare.

Ce thé noir peut sembler un peu trop cher, il n'est pas certes pas aussi spectaculaire que les Izumi (cépage sélectionné à partir de graines de Benihomare rappelons-le) de Sashima, mais il fat preuve néanmoins d'une qualité globale élevée, avec des arômes suffisamment typiques et en même temps très classiques, très "thé noir" d'un point de vue international. C'est pour moi une chose importante de pouvoir avoir un thé noir qui puisse se rapprocher de choses standards avec une typicité japonaise subtile.