Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

vendredi 22 mars 2013

Banko-yaki vs Tokoname-yaki III

Suite et fin de cette petite série qui vise à mettre en parallèle (et non pas en confrontation) des théières d'artistes de Banko-yaki et de Tokoname-yaki.
Cette foi-ci, deux kyûsu plus menues (sans être vraiment petite, elles ont une contenance de 180 ml environ) que les précédentes.
Celle de Tokoname, à droite, je l'ai déjà présentée, il s'agit d'une œuvre de Shôryû 昭龍, une terre rouge cuite par fumigation 燻し焼成 en réduction, ce qui lui donne sa couleur noire. Très fine et légère, sa "peau" mate est veloutée, procurant une sensation très agréable au touché.
Celle de Banko, à gauche, est l’œuvre de Mori Iroku 森伊呂久. Elle se distingue par son façonnage précis,  ses fins motifs de cordage et sa coupe en "diamant", marque de fabrique de Iroku. Et là encore, ce design confère à cette théière un touché qui ravi les doigts, au point que l'on se surprend à la caresser longuement. Je dois dire qu'au départ, esthétiquement, ce n'était pas celle qui m'avait le plus frappé, pourtant, dès la première prise en main, puis plus encore, dès la première utilisation, je suis tombé sous son charme.




Le thé utilisé pour le test en le sencha de Fuji cultivar Kôshun (récolte manuelle) de M. Akiyama. Kôshun est une variété très typée, astringente avec une parfum florale piquant unique très caractéristique.
Les paramètres sont les mêmes, 80ml d'eau à 80°C environ, 5g de feuilles, 1 minute d'infusion.

Ce test est de loin le moins probant des trois : difficile de percevoir des différences entre les deux infusions.


Cela n'engage que moi, ces six théières et ces trois thés, mais il m'a semblé que Banko donnais du volume, de l'épaisseur aux liqueur. Les saveurs sont unifiées et arrondies, plus douces et légères, avec peu d'astringence. Tokoname fait ressortir les détails, les saveurs apparaissent les unes après les autres. La liqueur est comme mise sous une loupe, tout est plus facile à comprendre, ce qui inclut les qualités, mais aussi les défauts. Le thé est plus fort, l'astringence apparaît plus facilement (je ne dis PAS que le thé infuser avec une Tokoname est forcement astringent).

Donc, impossible de dire que l'un est meilleur que l'autre. Les effets, ou plutôt les nuances sont différentes. Une question d'humeur du moment. On peut aussi imaginer qu'avec cette tendance à arrondir, Banko sera très bien avec des thés astringents, ou à l'inverse avec des thés très doux, gyokuro ou autre, pour faire ressortir plus encore ce moelleux.

Néanmoins, il est important de ne pas tombé dans une sorte de mysticisme avec les théières. Leur apport reste de l'ordre de la nuance. Et même si ces nuances peuvent être décisive en dernier lieu, la meilleur théière du monde ne remplacera pas un thé de qualité, une eau adaptée, et un minimum de technique d'infusion. En écrivant cet article je re-déguste ce Kôshun avec la théière de Iroku, avec un peu moins de feuilles, de l'eau à 70°C, environ, et pour la durée, par contre, pareil, 1 minute. C'est un régal, que les paramètres du test ne m'avaient pas permis d'atteindre.

Le grand charme de ces théières fabriquées une à une au tour par des artisans émérites est avant tout leurs qualités esthétiques. Elles ont une finition, un rendu inimitable, et cette beauté intervient directement sur le plaisir du thé.
De plus, il est important de tombé sous le charme d'un de ces objets, car je suis persuadé que l'on ne peut pas être saisi de beauté par une mauvaise théière.
Tokoname ou Banko, toutes ses théières qui m'ont charmé et m'apportent à l'utilisation une immense satisfaction ont au moins une chose en commun : le touché, elles procurent un plaisir très fort sous les doigts.

Enfin, je sors légèrement du sujet pour apporter une précision. Fabrication au tour n'est pas nécessairement synonyme de meilleur qualité que fabrication au moule (ikomi 鋳込み). Il existe d'excellentes kyûsu au moule et des théières au tour médiocres. De plus, le moule ne sert à fabriquer que le corps, alors que bec, filtre, poignée et couvercle restent fait à la main.
Peut y a-t-il seulement une différence de statue entre les deux types de méthode, une différence type Art / Artisanat.

Les sakura sont déjà en fleur à Tôkyô.
On prie pour qu'il n'y ai pas de brusque redoux car les théiers bourgeonnent déjà.