Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

mardi 20 octobre 2009

Developpement du thé durant les périodes de Kamakura et Muromachi

Ce sont bien les époques de Kamakura (1192-1333) et de Muromachi (1336-1573), marquées par la prise de pouvoir de la classe des guerriers, qui ont vues naître le véritable « boom » du thé au Japon.

En 1191, le moine zen fondateur de l’école Rinzai 臨済宗, Eisai (ou Yôsai) 栄西 (1141-1215), rapporte de la Chine des Song des graines d’un nouveau thé, ainsi qu’un nouveau mode de fabrication. Il s’agit d’un thé en poudre, dont l’oxydation est stoppée par passage à la vapeur, qui correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui le matcha 抹茶, utilisé lors de la cérémonie du thé. De nos jour on imagine souvent de matcha comme typiquement japonais, pourtant, il est bien originaire de Chine. Seulement, peu après son introduction au Japon, durant l’époque des Ming (1368-1644), il disparaîtra complètement en Chine, où se développe des thés verts dont on stoppe l’oxydation par chauffage direct dans une sorte de grande poêle, et dont les feuilles sont malaxées et roulées, puis consommées préparées dans une théière. Le Japon devient alors le conservateur d’une méthode de production de thé vert par arrêt de l’oxydation à la vapeur, méthode qui y est aujourd’hui encore très largement majoritaire, le sencha étant produit ainsi.
Après avoir ouvert ce que l’on considère comme la première plantation de Thé au Japon à Hirato 平戸 dans l’actuel département de Nagasaki, appelée fushun-en 富春園, ainsi que d’autres plantations à Kyûshû, il proposa, nous transmet Le Miroir d’Azuma (Azuma Kagami吾妻鏡), son thé au troisième Shôgun, Sanemoto 実朝, alors souffrant d’une gueule de bois, dont il fut ainsi soulagé.
Aussi, Eisai offrit dit-on des graines de théier à Myôe 明恵 du monastère Kôzan 高山 à Toganoo 栂尾, Kyôto. Le thé issu des plantations initiées par Myôe sera ensuite considéré comme celui de la plus grande valeur, et sera appelé honcha 本茶 (thé vrai, thé principal).
En 1262, le moine 叡尊 du monastère Saidai-ji 西大寺 de Nara, se rendant dans le Kantô (actuelle région de Tôkyô) aurait en cours de route, en huit endroits où il aurait diffusé le thé à plus de 10000 personnes, nous apprend les Notes d’un Aller-retour au Kantô (Kantô Oukan Ki 関東往還記). On peut y voir l’origine de la culture du thé dans ces régions.

Ce thé fut très vite adopté par les moines, qui y voit un excitant les maintenant éveillés lors de longues ascèses, mais aussi par la classe dominante des guerriers. Ceci s’affronte dans des sortes de « blind test » appelés tôcha 闘茶, où le but est de distinguer les thés hon-cha 本茶, de qualité supérieur venant de Toganoo à Kyôto, des thés hi-cha 非茶, thé de qualité inférieur venant d’autres plantations.
C’est aussi la mode du basara 婆裟羅, sorte de mode « m’as-tu vu », où les guerriers rivalisent d’accoutrements colorés et voyant, et d’attitudes tapageuses. Sous l’influence de la Chine, le thé est alors souvent consommé assis sur des chaises, mais l’apparition du style d’architecture dit shôin-tsukuri (書院造), on en vient à une consommation assise sur des tatamis. Ces réunions sont l'occasion d'exposer sa richesse, et est pour l'hôte une manière d'exprimer sa puissance. C’est d’une simplification et purification de ce style architectural qu’est né la salle de thé de la cérémonie du thé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire