Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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vendredi 17 août 2012

Thés japonais dans différents kyûsu, expérience

J’interromps mes présentations des thés de ma sélection 2012 pour me livrer à de petites expériences sur les théières. A vrai dire je ne suis pas fana de ce genre de tests, il est difficile d'obtenir les mêmes paramètres, et puis surtout cela ne m'amuse pas beaucoup. Pourtant c'est relativement instructif.
  Quatre théière: Une Tokoname rouge de Gyokkô, une Tokoname beige de Takasuke, une Bankô, et un hohin en porcelaine blanche.

Je teste trois thés, un futsumshi sencha de hon.yama (Yokosawa), un fukamushi sencha de Kagoshima (Kirishima, Makizono) et un kama-iri cha de Miyazaki (Gokase). J'ai fait ce choix de trois type de thé différents, qui sont tous les trois issu du cultivar "standard" Yabukita.

Les paramètres sont les suivants:
- 3g de thé
- 60ml d'eau
-1 minute d'infusion pour le Hon.yama et le Kama-iri, 40 secondes pour le fukamushi.
- La température de l'eau est probablement le facteur qui est le plus difficile à garder constant sur chacun des thés (sauf à utiliser un thermomètre). J'ai bouillir l'eau puis transvasé dans un thermos. Ensuite je verser dans un yuzamashi en porcelaine, compte 5 secondes puis verse sur les feuilles. J'ai limité les transvasements pour limiter les différences de température. L'eau utilisée est ainsi un peu chaude, mais ce n'est pas plus mal pour ce type de test. En contre partie je ne charge pas trop en feuille.

Compte rendu très scolaire :

1. Futsumushi sencha de Hon.yama (Yokasawa, cultivar Yabukita)
Hohin en porcelaine










 

- Parfum présent mais peu prononcé pour ce type de thé
- Liqueur équilibrée entre douceur et astringence relativement présente. Pas léger, mais franchement puissant.
- After-taste bien présent, très doux et simple.

Théière Tokoname-yaki, four Takasuke











- Parfum plus présent, léger et rond.
- Liqueur au goût plus profond et complexe, plus rond et doux aussi.
- After-taste présent, subtil et profond, très intéressant, floral.

Théière Tokoname-yaki par Gyokkô











- Parfum très proche, peut être plus végétal (?)
- La saveur est plus stimulante, douce et complexe également, mais avec une légère pointe d'astringence.
- L'after-taste reste très proche aussi, mais plus simplement doux.

Théière Banko-yaki











- Le parfum est moins prononcé cette fois.
- La liqueur est moins puissante aussi. Une légèreté qui se compense par une sorte de finesse, les arômes sont comme aiguisés.
- L'after-taste se retrouve influencé de la même façon. Finesses des saveurs mais un peu faiblard par comparaison aux Tokoname.

L'appréciation de chaque infusion étant influencée par la précedente, je change l'ordre des ustensiles pour chaque thé. (pas de photos pour la suite, vous m'en excuserez)

2. Fukamushi sencha de Kirishima (cueillette manuelle, cultivar Yabukita) 

Théière Banko-yaki
- Le parfum semble sur ce thé être moins endormi par cette théière que notre futsumushi de montagne précédent.
- La liqueur est douce et ronde, vanillée.
- L'after-taste est léger.

Hohin en porcelaine 
- Parfum léger, mais plus satisfaisant qu'avec notre futsumushi de Hon.yama.
- Liqueur stimulante,  de la force et une astringence légère. Belle équilibre encore.
- L'after-taste s'en tire pas trop mal non plus.


Théière Tokoname-yaki par Gyokkô
- Le parfum est maintenant nettement plus présent qu'avec les deux ustensiles précédents.
- Une liqueur forte et très douce.
- L'after-taste se fait là plus dominant, avec beaucoup de douceur.

Théière Tokoname-yaki, four Takasuke
- Résultat aussi très probant pour le parfum, peut être plus subtil que sur la terre rouge.
- Là encore, saveur très présente, profonde, peut être moins punchy que sur la terre rouge, mais plus ronde.
- L'after-taste suis dans cette tendance.

3. Kama-iri cha de Miyazaki (ville de Gokase, cultivar Yabukita)


Théière Tokoname-yaki, four Takasuke
- Le parfum de ce thé est rendu dans toute sa force.
- Liqueur très rafraichissante, véritable concentré de fragrances qui tiennent aussi bien du parfum que de l'after-taste
- After-taste impec, un délice.

Théière Banko-yaki
- Moins de parfum.
- Goût plus faible également, mais grande délicatesse.
- L'after-taste est bien là.

Théière Tokoname-yaki par Gyokkô
- Parfum fort, moins que sur la Takasuke, mais peut être plus de finesse (?)
- La liqueur est bien affirmée, moins que sur la Takasuke, mais en même temps elle a plus de pesanteur.
- L'after-taste reste un délice.

Hohin en porcelaine
- Parfum très alléger, mais avec un léger "fumé"
- La liqueur est un peu vide.
- After-taste bien là, mais un peu faiblard quand même.


Conclusion

Cette mini serie de test vaut ce qu'elle vaut et n'engage finalement que les ustensiles impliqués. Néanmoins ces tests, je pense, reflète quand même la tendance générale.
Je suis désolé si ce "compte-rendu" est finalement plus une série de notes en pagaille qu'autre chose et n'apporte rien au lecteur.
Pour synthétiser, je pourrais dire que quelque soit le thé, des tendances identiques s'observent.

Tout d'abord, le hohin en porcelaine est ici clairement l'ustensile qui apporte le moins de satisfaction. En fait, c'est un accessoire qui se montrera bien plus efficace sur des infusions bien chargées à basse température (en effet, on l'utilise souvent pour le gyokuro).

Après, pour parler des terres d'une manière générale, les deux Tokoname montrent clairement leur excellence. La beige de Takasuke montre des performances globales, une sorte de perfection qui peu parfois aussi être un défaut, alors que la rouge de Gyokkô sait affuter les thés à merveille, ce qui peut parfois en rendre l'utilisation plus délicate.

Enfin, cette Banko-yaki va chercher des choses plus fines et subtiles dans chaque thé, mais peine à donner dans la puissance. Elle réclame peut être des infusion plus musclées ?

Aussi, il m'a semblé que l'after-taste est l'élément qui se laisse le moins influencer par la théière. Bref, qu'un bon thé aura quoi qui l'en soit un bon after-taste.

Au delà de ces questions de théières, ces tests me rappellent qu'il ne faut pas chercher toujours à trop baisser la température. J'ai obtenu avec ces paramètres d'excellentes liqueurs.

J'espère que le plus grand nombre d'entre vous aura eu le courage de lire ce brouillon d'expérience jusqu'au bout.