Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

lundi 25 octobre 2010

Gyokuro millésime 2004

Voilà fort longtemps que je n'ai posté sur mon blog...... manque de temps (toujours la bonne excuse), et manque de choses intéressantes à raconter. Dans quelques jours, le 29 octobre plus exactement, je me rends au "World O-Cha Festival 2010" qui se déroule à Shizuoka du 28 au 31. J'espère que ce sera une riche et pleine journée !

Mais en attendant, retour à nos moutons. Mon titre ? Un gyokuro de 2004 ? Oui, bien que cela soit loin d'être courant, on trouve parfois des "vieux" gyokuro. Bien sûr, ceci sont conservés sous vide, mais autant un thé japonais peut être conservé sans souci sous vide pendant plus d'un an, autant 5 ou 6 ans pourrait poser problème. En effet, je n'ai jamais entendu parler de cela pour un sencha, mais pour le gyokuro, oui. Alors que j'achetai deux gyokuro 2010 il y a quelque semaine (un Uji et un Yame, présentés ici), la curiosité me fait prendre également un Yame (département de Fukuoka) de 2004.

Il n'est pas rare avec ce type de produit de voir à l'ouverture du sachet des feuilles comme recouvertes d'une poudre blanche. Cela n'est pas le signe d'une altération de la qualité du thé, mais seulement, la longue conservation sous vide en fera littéralement ressortir la caféine, qui apparaît blanche à la surface des feuilles. Ici, il n'en est rien. De splendides feuilles au vert profond et brillant. Néanmoins, signe de la maturation peut être, ce vert apparaît de manière très franche à la différence des gyokuro frais dont le vert tend vers le bleu de Prusse.
Est-il utile de préciser qu'il s'agit du "même" Yame, que celui évoqué précédemment (ici 2010 et ici 2009), mais dans un millésime antérieur ? Donc, cultivar Yamakai.

Aussi, même maîtrise dans le roulage parfait des feuilles, rectilignes, fines, comme d'éblouissants éclats d'émeraude.

Le parfum de la claire liqueur confirme celle des feuilles : un brin acidulé, le parfum particulier des gyokuro (ooika) est un peu alléger au profit d'un parfum de bonbon.
La saveur aussi nous montre des tendances différentes. Bien que très douce et puissante, très proche de par cet aspect de la version "nouvelle", 2010, l'arrière goût frais et vert de cette dernière disparaît ici complétement au profit d'une saveur lactée. Aussi, cet "antique" gyokuro ne montre pas la petite touche subtilement astringente et piquante du gyokuro 2010. Tendance qui se confirme au fil des infusions. Et c'est au bout de 3 ou 4 infusions qu'apparaît une petite gène en ce qui me concerne : ce concentré d'acides aminés, écœure un peu. La première infusion, si douce et velouté, mais très forte, est extrêmement séduisante, mais sur la longueur, on est parfois content de voir apparaître une très légère astringence, comme un souffle de fraîcheur. C'est pour moi ce qui fait le charme de ce gyokuro de Yame, cultivar Yamakai, qui disparaît en vieillissant, au profit d'un tout à la douceur, une "sucrerie", zéro calorie bien sûr.
Il s'agit néanmoins d'un produit formidable, je pense qu'il faut bien choisir son moment pour le déguster.