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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

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Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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mardi 30 mars 2010

Un thé de Sashima tout en contrastes

Cela fait bien longtemps depuis mon dernier billet à propos d'un coup de coeur.

J'ai fini il y a quelque temps un sencha en provenance du département de Gifu 岐阜, un Shirakawa-cha 白川茶, on parle aussi de Mino-cha 美濃茶 (le "mino" du Mino-yaki). Un thé de région montagneuse, agréable astringence et doux parfum, comparable à du Kawane ou du Ashigara...
Région de production peu connue, en 2008, 2,1% de la surface cultivée de thé au Japon, ce qui place le département de Gifu juste une place au dessus de Saitama (Sayama-cha, 2,3%).

Malheureusement, ce très sympathique produit est fini, et le but de ce billet est de parler un peu d'un thé encore plus rare, pourtant si proche des Tôkyôïtes. Il s'agit d'un thé cultivé dans le département de Ibaragi 茨城. Pas si éloigné de Tôkyô, seuls les départements de Chiba au sud et de Saitama à l'ouest le sépare de la capitale, pourtant, ici, quant on pense à la campagne profonde, on imagine de suite Ibaragi (et Tochigi aussi). Et c'est vrai, c'est vraiment la campagne, mais pas plus que Shizuoka ou Yamanashi par exemple, seulement ces derniers évoquent des lieux de villégiature raffinés. Je ne sais pas pourquoi je parle de cela, revenons en au thé de Ibaragi, 1,1% de la surface cultivé en 2008, 16ème.

Nous y avons deux "thés célèbres", le premier au nord, en montagne, le Okukuji-cha 奥久滋茶, et le second, moins méconnu, en plaine, le Sashima-cha 猿島茶, réputé pour une agréable astringence et un parfum prononcé.

Celui que je vais présenter n'est pas un Grand Thé, c'est un très bon petit thé, à la personnalité bien marquée, chose pas si commune que cela.
L'aspect des feuilles est plutôt rustique, peu uniforme, et si elles ne sont pas disgracieuses, elles sont loin des idéaux, même pour un thé à 1000 yens.

Il ne faut pas s'en arrêter là, après une infusion très classique, 70°C, 50 seconde, d'abord, mon attention se porte très vite sur le parfum, très fort, typique des thés futsu-mushi (disons qu'ici il s'agit plutôt d'un chû-mushi) au hi-ire très fort, comparable à du Sayama. Habituellement, ce type de parfum tourbé quant il est très prononcé ne me plait guère, mais ici, il est mêlé à une douce fragrance fruité, comparable elle aux thés des régions montagneuses de Shizuoka. Cette combinaison n'est pas rare, mais ce qui l'est, c'est que ces deux tonalités soient toutes deux aussi puissance, comme rivalisant pour charmer nos sens.

La couleur de la liqueur est jolie, sans plus, rien à redire.

Enfin, la saveur aussi est saisissante de contraste. A une première vague très astringente succède immédiatement une grande douceur. Là encore, rien d'inhabituel, mais de la force de chacune de deux impressions nait un contraste des plus délectable.

La deuxième infusion laisse évidement une place plus ample à l'astringence, mais le parfum laissant pour sa part une place plus large à son aspect fruité, un nouvel équilibre apparaît.

Tout en contraste, ce sencha campagnard est déconcertant et envoutant. Il possède un caractère bien trempé, ce qui manque souvent aux sencha de très haute volé, plus onéreux. Ainsi, il est évident qu'il peu déplaire, mais ne laissera pas indiffèrent.


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