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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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samedi 13 octobre 2012

Une théière et une idée du thé



Voilà ma favorite du moment. Une théière Tokoname-yaki fabriquée à la main, au tour, par Yûsen 友仙 (dont le vrai nom est Konishi Kenji 小西研示). 
D'un volume de 260 ml, elle est très légère, ses parois sont d'une finesse presque inquiétante. Il me semble qu'elle sait tirer aux thés de très bonnes choses.


Ce qui est intéressant, c'est sa forme. Ce n'est pas une exception, mais elle s'inspire de la forme de théières anciennes de l'époque d'Edo. Votre regard se dirige alors de suite vers la poignée. 

Il y a des exemples plus extrêmes, mais sont inclinaison est très élevée. Ceux qui possèdent ce type de kyûsu s'en sont rendu compte, mais cela n'est pas la position idéale, cela n'offre pas une grande aisance pour la verse du thé... quand on est assis à une table. Mais asseyez vous en tailleur sur le sol, la théière et les tasses posées devant vous, et voilà que cette poignée offre une fonctionnalité parfaite. A une époque où, au Japon, on n'avait pas l'usage de la table et des chaises, ce type de positionnement de la poignée était donc tout naturel. 


On peut noter que le bec n'est pas coupé en biais, mais perpendiculaire à l'axe du bec. Cela pourrait rendre la verse délicate, mais n'en est rien, le liquide descend de manière fluide, peut être grâce à l'extrême finesse de ces parois.

La forme incurvée du couvercle, comme les traces encore visibles du façonnage offrent des jeux d'ombre exquis dans un espace faiblement éclairé. Par ailleurs, cet aspect non lissé, aurait traditionnellement était considéré comme du travail bâclé, alors qu'aujourd'hui, au contraire cela offre à chaque théière un aspect bien distinct, qui appuie sur le travail manuel. Voilà qui fait un peu cliché, mais c'est le charme, l'esthétisme, de la non perfection. 

Je reviens sur la poignée, mais ce positionnement qui rend un peu moins aisé la verse me semble à être pris au contraire comme un charme, un plaisir particulier de ce type de forme. Car, oui, je ne crois pas que le plaisir du thé soit seulement "boire du thé". Je pense qu'aimer le thé c'est aussi, bien sûr aimer les objets qui vont de paire, et surtout prendre plaisir à sa préparation. Finalement, le simple acte de boire le thé versé dans une tasse n'occupe qu'une petite partie du temps passé à "l'acte du thé". Préparer les accessoires, préparer les feuilles, préparer l'eau, laisser se diffuser les arômes, et enfin, boire. Plus que cela encore, je crois que cet "acte du thé" commence même avant, au moment où vient l'envie de thé, on choisi alors son thé, on choisi ses accessoires. Et un bon thé ne se termine pas une fois le liquide avalé, non, car on garde ses saveurs en bouche, dans la gorge, pour quelque temps encore. De cette manière, le simple geste de boire ne représente qu'une partie infime de tout un ensemble de geste, qui tous, font parti intégrante du plaisir du thé, selon moi tout du moins. 
Alors, quand j'entends des gens dire "j'adore le thé" et dire ensuite "mais c'est chiant de la préparer", je leur réponds (ou voudrais leur répondre) que non, ils n'aiment pas le thé.
Moment de relaxation certes, mais je n'aime pas voir dans le thé de dimension spirituelle, tout les plaisirs que j'évoque réjouissent les sens, et sont, pourrait-on dire, presque exclusivement physiques. 
Cette idée du thé n'engage que moi, elle est ma vision des choses, et cette théière, sur bien des points m'a semblé être un excellent prétexte à poser par écrit ici ma vision de l'acte de thé.