Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

dimanche 20 janvier 2019

Sencha Izumi 2007 (!!)

J'avais pensé au départ ne pas évoqué ce thé sur mon blog, laisser aux amateurs de bon sens le bon soin de se ruer sur ce thé exceptionnel. L'âge de ce thé vert, récolte 2007, en fait une curiosité, mais ce n'est pas ce qui le rend exceptionnel ; on sait qu'à l'état de "aracha" (thé brut non raffiné), un sencha de qualité se conserve au frigo de nombreuses années. Ce qui le rend si formidable c'est bien son superbe parfum, exemple d'une superbe réussite de sencha avec le cultivar Izumi.
Donc si, je vais finalement en parler car il serait dommage de ne pas le mettre en lumière.

Il s'agit d'un thé produit à Sashima (département de Ibaraki), par M.Yoshida, le producteurs des succulents thés noirs Izumi qui ont remis sous les spotlights ce cépage (décidément)  surprenant.
Je ne vais pas encore une fois raconter l'histoire de ce cultivar Izumi, alors je prierais le lecteur ne la connaissant, ou l'ayant oublié, de lire cet article à propos de Izumi et de ces thés noirs de Sashima.
Avant de connaître le succès avec ces thés noirs, M. Yoshida avait aussi produit du sencha avec. Or, avec une surface cultivée de Izumi encore peu importante, et le succès de son thé noir, notre producteur concentre ce cépage exclusivement au thé noir depuis plusieurs années.
Il faut dire que par le passé, Izumi a donné des sencha pas géniaux, fukamushi très tanniques.

Pourtant il y a quelques mois, visite à Ibaraki, M. Yoshida me présente un sencha qu'il vient de retrouver des suites d'un rangement, un aracha (de pas séchage final, seule la poudre avait été triée) qui dormait oublié depuis 2007 au fond du frigo.
Il s'agit de 3 kilos d'un sencha fait avec le cultivar Izumi, sur lequel il avait effectué à titre expérimental un flétrissement. Et quel résultat ! Superbes arômes d'herbes aromatiques et de fruits jaune. J'avais néanmoins peur que sans séchage hi-ire final le thé ne se conserve pas aussi je propose de faire un hi-ire léger.
Et voilà qu'on se partage un précieux sencha Izumi.
Si les herbes aromatiques ne sont plus vraiment présentes, on a un thé aux délicieux parfums de fruits jaunes agrémentés d'agrumes.
 La 1ère infusion donne une liqueur légère et rafraîchissante à l'attaque soyeuse. En retour en bouche se dessine ce bel arôme de pêche qui est la signature de ce sencha. L'after est frais et sucré, long en bouche avec quelque chose de très légèrement amer comme sur du pamplemousse.
 Seconde et troisième infusions procurent un thé à l'attaque plus incisive, puissance avec ensuite une délicate mais réelle astringence en bouche qui donne un caractère très typique sencha malgré les arômes de pêche qui se font encore plus fort. On trouve en plus une impression crémeuse ainsi que des arômes d'agrume.

Ainsi, par ses arômes, ce sencha Izumi est complètement unique et simplement délicieux ! Pêches et crême le rapproche étrangement d'un Yume-wakaba, mais agrumes et tendre amertume l'en sépare aussi clairement.
Il n'y en a que très peu !!! Reste à espérer maintenant que le producteur à enfin un peu plus de théiers Izumi suffisamment grands qu'il en refasse de cette manière, peut être même mieux avec l’expérience accumulée sur le flétrissement des thés noirs, de nouveaux un sencha délicieux !

mercredi 9 janvier 2019

Hoji-cha de Oolong

Bonne année 2019 à toutes et à tous.
Je reviens un peu en arrière pour présenter rapidement un thé sorti sur Thés du Japon en novembre dernier, mais qui reste parfaitement de saison.
Il s'agit du Hoji Oolong de Hon.yama.

Il s'agit d'un hoji-cha fait à partir non pas d'un thé vert, mais d'une thé semi-fermenté (semi-oxydé), type Oolong donc. Le producteur de ce thé original est M. Takahashi, connu pour le formidable Kôju.
Il utilise un Oolong fait à partir de deuxième récolte, cultivar Benifûki.

A la différence des Oolong torréfiés qui sont chauffé à température relativement basse pour des durées importante, ici il s'agit bien d'un hoji-cha, c'est à dire chauffé à haute température sur une durée très courte.

A mi-chemin entre un hoji-cha classique et un oolong torréfié, le résultat est des plus convaincants.
La première infusion est celle qui se rapproche le plus d'un hoji-cha avec ses arômes très chaleureux de bois sec et ciré, d'herbes sèches grillées, et sa rondeur sur le palais. Pourtant on ressent déjà quelque chose de sucré, un peu floral et musqué.
C'est aérien et désaltérant, tout en apportant chaleur au corps et à l'âme grâce à ses arômes. 
Bien plus qu'un hoji-cha classique, ce thé tient plusieurs infusions. Celles-ci font justement toute la profondeur de ce thé, car elles apportent des sensation bien différentes.
Les simples arômes de torréfactions s'effacent peu à peu devant des parfums plus riches, se rapprochant alors plus de oolong torréfiés, avec aussi l'apparition de légères et fines notes amères évoquant un peu le Tieguanyin.
Les arômes sont à la fois plus floraux et fruités, rappelant des fruits bien mûrs. On reste dans des arômes très chaleureux mais plus incisifs et stimulants.
Plus en avant encore des infusions, on ressent du raisin sec et des épices. 

Cette force aromatique, tant au nez qu'en bouche, fait de ce thé bien plus qu'une curiosité, une méthode qui se justifie pleinement.
C'est une de mes très grosses surprises de la saison 2018 (je ne sais pas si l'expérience sera reproduite en 2019), un délice rare et original. C'est aussi une exploration probante de méthodes pour exploiter les deuxièmes récoltes de manière viable économiquement, alors que de plus en plus de petits producteurs arrêtent de faire une deuxième récolte, les coûts de production étant plus importants que le prix de vente dans le cas des thés verts japonais classiques.