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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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mercredi 19 décembre 2018

Un autre thé de montagne "yamacha" de Tosa

En cette fin d'année j'ai proposé sur Thés du Japon une jolie série de thés hauts de gamme. Parmi eux un "yamacha" de Tosa (département de Kôchi).
Ce thé (yamacha #2, Choshunka) n'est pas le même que celui (#1 Ryu) proposé depuis l'an dernier.
L'un et l'autre sont issus de récoltes manuelles et torréfiés (pour stopper l'oxydation) manuellement aussi. Néanmoins il s'agit de "plantations" différentes.

Je mets plantation entre guillements car le "yamacha" est très loin des plantations que l'on a l'habitude de voir au Japon ou ailleurs. "Yamacha", litérallement "thé de montagne", désigne des théiers, bien sûr pas sauvages (cela n'existe pas au Japon), mais disons semi-sauvages, issus non seulement de graines, mais pas plantées par l'homme. S'il y a sans aucun doute à l'origine une activité humaine, avec des théiers plantés, ceux-ci peuvent avoir donné des graines qui ont roulé en foret sur les flancs de la montagne, donnant de ci de là naissance de manière naturelle à une plantation nouvelle.
Bien que très rare aujourd'hui, on trouve ce genre de lieu, un peu partout dans les montagnes au Japon.
Le groupe de théiers utilisés pour le #1, poussant parmi d'autres arbres et arbustes, sont non taillés, et cette "plantation" ne fait l'objet d'aucune utilisation d'engrais, même bio.


En revanche, pour le #2, les théiers sont taillés, et des engrais bio végétaux sont utilisés. Il est difficile dans la "brousse" du #1 de voir qu'il y a des théiers, en revanche, la plantation de ce #2, taillé donne un paysage de thé assez magique,  difficile de se croire au Japon.






Sur l'une comme l'autre de ces plantations, les producteurs fabriquent des thés verts avec et sans flétrissement.
L'an dernier, pour le #1, j'avais choisi un thé sans flétrissement, pour avoir un thé au plus proche des saveurs de ce sol, de ce lieu unique, ou la main humaine est limitée au minimum. C'est un effet un thé très brut, riche et puissant, qui sent l'humus, la terre et la forêt.
En revanche, pour ce deuxième yamacha de Tosa, issu de cette plantation taillée, j'ai voulu présenter quelque chose de clairement différent, avec donc un processus de flétrissement.

Le parfum est avant tout très floral, sucré mais tout de même stimulant, avec quelque chose d'un peu vert, et des notes d'agrumes et de raisin en arrière plan.
En bouche, on est sur quelque chose qui semble d'abord léger. Pourtant, après quelque temps, on remarque comme les arômes riches et variés de la liqueur sont présents en bouche, avec un after très long.

Les arômes tendent alors plus vers le fruité, évoquant orange et pamplemousse, avec des notes florales sucrées en retro-olfaction.
On y trouve aussi une légère amertume, mais qui colle bien avec le pôle agrume.
Au fil de nombreuses infusions, on se délecte de l'évolution de ces saveurs, au nez comme en bouche.
D'une session à un autre on pourra avoir un résultat assez différent, s'agissant de théiers zairai tous différents. Le floral pourra être plus ou moins présent, alors qu'on pourra ressentir plus ou moins fortement de sucré fruité, tantôt avec dominante agrumes tantôt avec dominante raisin.

Malgré la relative légèreté de la liqueur, ce thé, puisant dans un sol rocheux, est puissant, ainsi les arômes y sont très dense, donnant un thé riche mais néanmoins facile à aborder. C'est en effet là que ce yamacha #2 ce différencie de manière très claire du #1 : le processus de flétrissement lui donnant des arômes plus proches de thés wulong peu oxydés, floraux et fruités, qui flattent plus facilement nez et palais que les arômes sauvages, plus proches de la terre et de la foret du #1 extrêmement puissant.
La comparaison est bien sûre immanquable.
Par ailleurs, le #1 me semble particulièrement bien avoir évolué avec le temps. Il reste encore quelques sachets du 2017. Je passerai au 2018 ensuite, aussi je ne saurais que trop conseiller de tester le 2017 pendant qu'il est encore temps.

1 commentaire:

  1. Celine Damoiseau6 janvier 2019 à 09:26

    Bonjour,
    Bravo pour votre blog passionnant ! Une amie japonaise m'a offert beaucoup (beaucoup) de thé japonais et en-dehors de quelques-uns pour lesquels leur typologie est écrite en anglais également, les paquets sont tous écrits en japonais et je m'y perds. Je voudrais pouvoir les apprécier un à un pour ce qu'ils sont, en sachant comment les boire. Pourrais-je vous envoyer quelques photos des paquets (il doit y en avoir 6 ou 7 différents) afin que vous me donniez vos orientations ? Merci de votre attention, Bien à vous,
    Céline Damoiseau

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