Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

jeudi 4 mai 2017

Shincha 2017, Inzatsu 131 de Nearai

Kondô-wase, Sôfû, et maintenant, le papa de ces cultivars, Shizu-Inzatsu 131. Voici le millésime 2017 de ce fukamushi-cha incroyable, unique, si particulier, en provenance de Nearai dans l'ouest de Shizuoka, fabriqué par M. Tarui. Une fois n'est pas coutume, je commencerais par la conclusion, cette version 2017 est formidable.
Inzatsu 131 est un cultivar ancien, développé dans les années 1940 par le visionnaire professeur Arima, à partir croisement de la variété de Assam Manipuli 15 et d'une variété japonaise.
Pour plus de détails, je vous invite chaudement à lire cet article.
Nearai est une zone de plaine au nord de Hamamatsu qui fut mis en valeur après la guerre en tant que zone de production de thé. Néanmoins, aujourd'hui, il ne reste plus que l'exploitation de M. Tarui. Celle-ci est composée majoritairement de Shizu-7132, puis Yabukita, Yamakai, le très rare Karabeni, et bien sûr de Inzatsu 131.
Il faut dire que Nearai est une zone où le sol est argileux, ce qui convient peu à la production de thé. C'est le cas aussi des grandes zones productrices du plateau de Makinohara, et c'est en parti pour s'adapter à ce type de sol que le fukamushi cha fut développé dans les années 50-60.
Mais sur les conseils de Arima, les Tarui ont aussi amélioré leur sol en y apportant des minéraux, sous forme de pierres de schiste vert e provenance des montagnes de Tenryû.





Ce 25 avril 2017, 70 kg de feuilles sont cueillies, c'est peu. Peu de superficie pour ce cultivar d'une part, et la récolte fut assez hâtive, peut être le 26 aurait été idéale, mais la météo annonçait de la pluie. Cela donnera 12 Kg de produit fini.
On remarque d'abord la couleur très jaune des nouvelles feuilles de ce cultivar, ainsi que leur manière de pousser, elles s'étendent latéralement sans pointer vers le ciel comme la plupart des autres théiers.

La particularité de la fabrique de M. Tarui est l'utilisation de machines du fabricant Akitsu, qui n'existe plus aujourd'hui, ainsi, qu'un traitement des feuilles à l'air chaud après l'étuvage.

La ligne de malaxage Akitsu à pour particularité de fonctionner en continu, c'est à dire que les feuilles avancent continuellement d'une machine à l'autre, sans pause entre chaque phase. Bien sûr, inévitablement, le temps passé dans chaque machine est bien plus court que sur une ligne habituelle. Alors, par exemple, six "sojûki" (1ère phase, malaxage grossier) sont mises en ligne....
Quelques modifications par rapport au machines classiques permettent cela (ressorts pour vibrer, ouverture dans le bas, etc). Seules les "seijûki" (malaxage final) sont inchangées.




Le traitement à l'air chaud après étuvage permet d'éliminer les gouttes d'eau, et de maintenir les feuilles à température élevée. Ensuite, le malaxage en continue permet aussi de malaxer à température plus haute (et plus constante ?)  que sur une ligne classique. En fait, aujourd'hui, ont cherche justement à ne pas malaxage avec trop de chaleur, et ce pour conserver des feuilles, et donc une liqueur très verte (c'est la mode). Mais au contraire, M. Tarui (et par le passé le professeur Arima) cherche plutôt à mettre en avant les parfums, et à obtenir un thé fort, avec un goût qui dure. Et en effet, pour en venir à notre Inzatsu 131, il me semble que le défaut de la plupart des fukamushi de ne pas tenir plus de deux infusion, est ici largement améliorer avec ce sencha qui donnera cinq superbes infusions (même si les caractéristiques de ce cultivar y sont aussi pour quelque chose).

Alors bien sûr, cela reste un Inzatsu 131. J'en suis un grand fan, mais peut comprendre que ses arômes très particuliers ne plaisent pas à tout le monde.
Le parfum est très intense, presque piquant. Les senteurs sont florales et stimulantes, rappelant orchidée et muguet, de petites fleurs sauvages. Mais on y trouve aussi des notes de beurre sucré, ainsi qu'une impression végétale fraîche, quelque chose de très légèrement mentholé, et aussi des notes de vieux bois. Cet ensemble riche de saveur trouve écho en bouche et dans la gorge, en after-taste, avec une force qui n'est pas commune pour un thé vert.
Inzatsu 131 est un cultivar qui possède un caractère tannique prononcé. Ce n'est pas là un thé pour les amateurs d'umami à tout va. A part peut-être un peu en after-taste, pas d'umami ici. La liqueur est astringente, mais pas trop, c'est une sensation tannique naturelle, douce d'une certaine manière, en adéquation parfaite avec les arômes de ce sencha. L'attaque est plutôt forte, et ce thé possède du volume, du corps, une grande présence en bouche.
Riches et puissantes, parfumées et typées, les infusions se succèdent, toujours vigoureuses. L'astringence augmente, mais le parfum est toujours aussi intense, et l'expérience stimulante pour les sens.

J'avais présenté l'an dernier ce thé comme un gros coup de cœur, et cet excellent millésime 2017 ne fait que confirmer mon amour pour ce sencha hors-norme sur bien des points.



1 commentaire:

  1. Que de détails ! Quel travail pour nous faire profiter de vos connaissances ! J'en suis toujours impressionnée !

    RépondreSupprimer