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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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jeudi 20 novembre 2014

Laques de Echizen

Si l'on fait exception des natsume, boites à usucha utilisées durant la cérémonie du thé (ne sert pas à conserver), et peut-être éventuellement des soucoupes, les laques sont un artisanat japonais que l'on n'associe pas au thé. Pourtant, les tasses en laque sont des objets splendides, chaleureux, dont l'association avec une théière en terre peu donner un effet esthétique saisissant. Bien sûr, pour le thé, la laque possède un très embarrassant défaut : l'odeur. Si à froid l'odeur de laque disparaît en 24 heures, remplie avec un liquide très chaude, une tasse en laque continuera à sentir pendant longtemps. Il faut donc attendre plusieurs mois, voire années, à utiliser son laque avec un thé glacé, des alcools avant de pouvoir en profiter avec un thé chaud. 


 
Malgré cela j'avais envie depuis en fait bien longtemps de pouvoir présenter cette série de tasses en laque de Echizen (département de Fukui) pour les design moderne, leur finesse aussi.

La conception d'une terre est généralement le fait d'un seul artisan, parfois deux lorsque la terre est ensuite peinte. Mais pour un laque, c'est bien souvent trois ou quatre artisans qui entrent tour à tour en jeu. Un autre facteur important, le temps. Alors qu'il faut beaucoup de temps entre chaque étapes, certaines de ces étapes doivent en revanche être réalisées très rapidement, et avec la laque et le bois, aucun repentir n'est possible.

D'abord, la pièce de bois qui servira à tailler le cœur du laque doit sécher pendant plusieurs mois. C'est alors que le premier artisan entre en jeu, celui qui va tailler, raboter au tour la pièce de bois brute. C'est un travaille d'une grande précision, qui commencer par la fabrication de petit outils qui serviront à s'assurer de la forme et des dimensions de l'objet. On commence par l'extérieur, puis on creuse l’intérieur. Enfin, la pièce doit être parfaitement lissée en vu de l'enduit à la laque. Les pièces de bois peuvent être taillées si finement que la lumière passe au travers.
Par ailleurs l'artisan forge lui-même ses outils, de manière à qu'ils soient parfaitement adaptés à leur manière de travailler. 


 
Ce sera ensuite au tour de l'artisan suivant d'enduire la délicate pièce de bois de plusieurs couches de laque intermédiaires. Pour durcir le bois d'abord, puis pour préparer le terrain à la couche supérieure. Parfois une pièce de tissu est préalablement appliquée sur le bois pour le consolider.

Chose surprenante, en tout cas moi ça m'a surpris, l'enduit de la couche supérieure de laque est confiée à un artisan différent : couches intermédiaires et couche supérieure sont deux spécialités différentes !
Cette couche supérieure de laque doit évidemment être uniforme et lisse. Pourtant, ce n'est pas là le plus difficile. Les pièces enduites prennent plusieurs heures pour sécher, il faut donc à intervalle régulier les reprendre et en retirer les minuscules poussières qui s'y dépose inévitablement. Une fois sèche, impossible à retirer, et l'objet est alors invendable. C'est tout simplement un travail de fou.



S'il n'y a pas de décor peint maki-e à faire le travail est alors fini, sinon, une fois complètement secs, ces laques sont confiés à l'artisan maki-e. Il ne s'agit pas à proprement parler de peinture, on trace la forme à la laque transparente, puis on saupoudre en quelque sorte d'une poudre d'or, d'argent, ou autre selon la couleur (ici la timing est très important, la poudre doit être déposée juste avant que la laque ne sèche). Il est possible d'y ''peindre'' à peu près tout ce que l'on veut, seulement, chaque couleur, chaque texture, chaque épaisseur fera l'objet d'un travail différent, chacun demandant que le précédant ait parfaitement séché, en sommes, 24 heures. Ainsi, plus le dessin est complexe, plus il demandera de phases, donc de temps. L'artisan maki-e ne passe pas de longues heures sur une œuvres, mais quelques dizaines de minutes chaque jour, pendant une semaine, un mois, etc. Il travaille donc à la fois sur un nombre très important d’œuvres. Pour fabriquer un nombre important de maki-e identique, on peut utiliser des pochoirs pour tracer les formes à la laque, ensuite, le reste du travail est identique (c'est comme le moule en céramique, il n'a d'intérêt que pour fabriquer un nombre important d'objets, et le travail reste de toute façon manuel et délicat).







On pourrait rajouter à ces taches celui du designer qui conçoit la forme des œuvres.

Au 19ème siècle, alors que la Chine renvoyait l'image de la porcelaine, le Japon renvoyait celui des laques. C'est un artisanat très ancien, plus de 1500 ans dit-on, qui m'a d'abord intrigué, puis touché, et qui mérité d'être sorti de l'unique cadre des tables des auberges ryokan de luxe.

















 Les petites tasses ci-dessous sont des issus de techniques modernes, sur un coeur de bois et de résine sont appliquées des couches d'uréthane, qui à l'avantage de ne pas avoir d'odeur. L'effet de balayge doré serait impossible à obtenir avec de la laque. En revanche les motifs de fleurs sont eux de vrai maki-e à la laque, 'peints' à la main.










 

1 commentaire:

  1. c est vraiment magnifique ! en esperant que ce bel artisanat
    puisse perdurer au Japon

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