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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

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Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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mercredi 26 novembre 2014

Kuki-cha et Hôji-cha

Impossible pour moi de ne pas attacher le hôji-cha au kuki-cha.
Le kuki-cha est ce que l'on nomme parfois un ''de-mono'', c'est à dire une sorte de thé de deuxième main, un thé de recyclage, puisqu'il s'agit de tiges issues du triage d'un thé japonais (on parlera de ''hon-cha'') du type sencha, gyokuro ou même bancha. Pourtant, il faut bien avouer que ce kuki-cha, possède de très grandes qualités, bien plus que les autres de-mono (kona-cha et me-cha) à mon avis. C'est un thé facile à préparer, avec peu ou pas d'astringence, qui peut même être très riche quant il provient du trie d'un thé de qualité.
Je n'ai cependant jamais porté un intérêt immense au kuki-cha, jusqu'au jour où j'ai pu expérimenter par moi-même son côté ludique, et découvrir son deuxième visage : Il est très facile de fabriquer soi-même son hôji-cha à partir de kuki-cha, à l'aide d'un hôroku, ou simple d'une poêle à frire (bien propre, neuve, idéalement). Bien plus facile qu'avec des feuilles. Et ce hôji-cha et d'autant plus délectable que le kuki-cha utilisé est de qualité.

Voici donc un kuki-cha composé de tiges obtenues à partir d'un fukamushi-cha de Makinohara (Shizuoka).
Elles semblent avoir une certaine épaisseur, leur couleur est un beau vert clair et vif.
Le parfum est puissant, très doux, plutôt le domaine du floral, très aromatique. C'est assez différent d'un parfum de sencha, mais déjà très envoûtant.

C'est un kuki-cha haut de gamme, et une préparation avec de l'eau à 80°C me semble parfait.
Au bout d'une petite minute, on obtient une liqueur troublée, là encore très parfumée. C'est un parfum très doux, avec des notes de cacao, et en refroidissant un peu, des arômes floraux comme de gracieux pétales de fleurs doux et soyeux, rappelant en parti la rose.
En bouche ce kuki-cha se montre très facile à boire tout en ayant de la force. Pas la moindre astringence, de la douceur, mais pas d'umami très fort non plus. Les saveurs sont plutôt celles du cacao dans un premier temps, puis les notes florales apparaissent en aftertaste.

Une seconde infusion, avec de l'eau plus chaude est possible. On obtient une liqueur encore puissance et incisive, sans astringence autant, avec moins de netteté cependant dans les arômes et les parfums.

Ce kuki-cha n'a pas grand chose à envier à nombre de sencha de prix équivalent.

Mais ce n'est pas tout ce que nous propose ce thé japonais. Je sors mon hôroku, et en quelques minutes, voici un très beau hôji-cha, au parfum gourmand et relaxant.

Mais en fait, si l'on est tenté de boire ce hôji-cha ''tout frais grillé'', il est encore meilleur de s'armer de patience, et attendre deux ou trois jours avant de le déguster. Les arômes s'affirment alors que des petites notes parasites s'effacent.

Il est bon de faire griller le hôji-cha à haute température sur un laps de temps court.  Avec un hôroku, on peut utiliser jusqu'à 7g environ de kuki-cha. Répéter l'opération deux ou trois fois pour se faire un petit stock peut être un bon plan.
Avant de le remiser dans un sachet, il est préférable d'attendre qu'il ait refroidi.

Quand on ressort après quelques jours ce hôji-cha, et qu'on le porte à son nez, c'est un formidable parfum qui se révèle. Étonnement fin et frais, très fort, on y trouve de la vanille, des notes de jeune bois sec, de café faiblement torréfié. On est dans une dimension toute autre que celles des hôji-cha bon marchés fait de thés de secondes récoltes et de bancha.

Infusion la plus chaude possible. Utiliser un hôhin (sans poignée) comme je le fais souvent n'est pas très intelligent (mais j'aime bien utiliser du Bizen pour le hôji-cha, donc, stoïquement, je supporte les brûlures au moment de la verse !).

C'est bien sûr une liqueur très parfumée que l'on obtient, avec les arômes chaleureux et doux d'un bon hôji-cha. Mais là je pense qu'il ne sert à rien de se brûler pour boire le plus rapidement possible, car c'est en refroidissant un peu que toute la richesse des arômes du hôji-cha se révèle. Finalement, comme dans les tiges avant infusion, on n'y trouve rien de ''grillé'', mais plutôt de légers parfums de café,  des arômes très doux rappelant vanille et caramel.
La liqueur est fine, très gouleyante, mais c'est avant tout une expérience olfactive délicieuse et relaxante qu'offre le hôji-cha en général, et plus encore un hôji-cha de qualité.

Accessoires:
*kuki-cha : théière Banko-yaki par Yamamoto Taisen
*Hoji-cha : tasse Bizen-yaki par Yoshimoto Atsuo (fils), et hôhin Bizen-yaki par Yoshimoto Shûhô (père)



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