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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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mardi 12 août 2014

Kama-iri cha 2014 : 3. Miyazaki

Je termine ma série de kama-iri cha avec deux thés en provenance du département de Miyazaki, voisin de Kagoshima et de Kumamoto, il s'agit de la 4ème région productrice de thé en terme de superficie, et c'est même la plus important région de production de kama-iri cha. Ces deux thés viennent respectivement de Takachiho et de Gokase, deux localités voisines au fin fond des montagnes dans le nord du département. Chose incroyable on n'y produit presque que du kama-iri cha ! C'est comme si la révolution du tout au thé vert étuvé (sencha essentiellement) qui se produit au Japon à partir de la 2ème moitié du 19ème siècle n'avait pas réussi à atteindre ces deux villages trop reculés. Chose unique, il se tient même à Takachiho un marché presque exclusivement dédié au kama-iri cha.
 Le premier de ces thés est un cultivar Minama-sayaka de Takachiho, produit par M. Iiboshi.
Tonalités de marron chaude et patate douce cuite au feu de bois sur un fond fruité, le parfum des feuilles est déjà exemplaire en tant que kama-iri cha.

Parmi les six kama-iri de ma sélection, celui-ci est le seul pour lequel je recommanderais une première infusion un peu plus tiède, dans les 70-75°C.
Et l'infusion ne déçoit pas, on y retrouve tous ces arômes formidables, châtaigne grillées, patate douce, des senteurs très chaudes, très douces aussi, qui rappellent aussi le pain chaud.
La liqueur ne manque pas de présence. Doux et velouté, ce thé ne montre bien sûr pas d'astringence, mais beaucoup de force dans une attaque de douceur un peu sucrée. Moins rafraîchissant et aérien que les kama-iri évoqués dans les partie 1. et 2.,  celui-ci reste tout à fait sans lourdeur, il montre plus de volume.


Je ne sais pas si l'amplitude dont font preuve ces feuilles est dû au cultivar Minama-sayaka, mais il ne fait en revanche aucun doute que les arômes un peu crémeux et fruités de pêche et d'ananas qui apparaissent en bouche en aftertaste sont une constante dans les thés faits avec ce cultivar (sencha y compris). Cela n'apparaît pas tout de suite, cela arrive doucement dans les minutes qui suivent la dégustation. Il me semble que c'est après la deuxième infusion que ces arômes apparaissent le plus clairement.

Le deuxième provient de Gokase et est l’œuvre de M. Korogi.
Les méthode, la ligne de fabrication du kama-iri cha n'est pas aussi fixée que celle du sencha. On peut ainsi voir qu'entre deux lots du même producteur, mêmes produits à une journée de différence, il peut il avoir des différences très importantes de caractéristiques et de qualité. Néanmoins l'utilisation d'une machine à malaxage grossier (sojûki) est une caractéristique assez rare du mode de travail de M. Korogi.
Ainsi, ses thés sont roulés relativement plus finement et fortement que la moyenne, ils me semblent plutôt fort aussi.

Ces feuilles (cultivar Yabukita) ont un parfum doux et sucré, relativement vert pour un kama-iri cha.
On ne peut pas dire que la liqueur soit source de parfums "verts", mais il y a un quelque chose de végétal très différent du thé de Takachiho. Un peu d'herbes aromatiques, de foin humide, d'humus même, sur un ensemble très doux.
En bouche, la liqueur semble d'abord très légère et aérienne, mais l'arrière goût et les retours dans la gorge en after sont très puissants et sucrés, doux. Sans un poil d'astringence, ces impressions sont comme des points de repères familiers aux habitués de thés verts japonais étuvés comme le sencha. Attention, il ne s'agit pas d'umami excessif type bouillon, cela reste naturel, par ailleurs le producteur travaille dans les conditions du bio. Cette douceur reste longuement en bouche, toujours très nette.


Ce thé pourrait représenter une porte d'entré facile dans le monde des kama-iri cha, de par sa douceur, ses parallèles avec certains sencha, mais il pourrait aussi s'agir d'une source de confusion, car son parfum caractéristique n'est pas celui que l'on nomme kama-ka. Ainsi, pour découvrir ce type de thé, je pense que le Minami-sayaka de Takachiho, ou le Yabukita de Kumamoto restent la voie royale. Ce kama-iri de Gokase reste un thé de grande qualité à découvrir pour sa personnalité.

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