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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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dimanche 28 juin 2015

Shizuoka 2015, Ôkawa-Ôma

Je passe de Tamakawa, confluent de la rivière Abe, à Ôkawa plus au sud, sur les côteaux de la rivière Warashina. Plus exactement, le sencha que je présente aujourd'hui provient  de Ôma, assez en amont, zone plutôt isolée à 720 m d'altitude. C'est une route très escarpée, parfois encombrée des chutes de pierres fréquentes, et défoncée par les signes avant-coureurs de glissements de terrain, qui mène à ce petit hameau où se trouvent certaines des plantations de M. Nakamura et sa petite usine.


Les deux autres plantations, plus en hauteur, à 760-780 m d'altitude ne sont pas accessibles par une route, mais seulement par un chemin étroit en terre, en boue, taillé à flanc de montagne. Merci le 4x4 donc. Un tel parcours, c'était une première pour moi.



Petites montées d'adrénaline, mais au bout du chemin, m'attend une plantation ouverte dans la forêt,  d'un calme rare. Juste avant la récolte, les théiers Yabukita semblent dans une grande forme, leur feuilles vigoureuses poussent bien droites vers le ciel. Voilà une vision de très bon augure.
Nous sommes le 20 mai, M. Nakamura et son fils viennent juste de démarrer la production avec les récoltes des plantations au niveau du hameau.



Cet Ôkawa-Ôma est l'un des thés qui me tiennent particulièrement à cœur. C'est un thé tout en puissance, en robustesse. Cet année, il est encore très réussi.

Les feuilles de ce sencha sont épaisses, longues, leur aspect est un peu "rustique", et leur parfum rappelle aussi cette rusticité, avec des arômes forestiers d'humus, de grandes herbes fraichement coupées, mais aussi de la douceur, quelque chose de sucré.


Quant à la préparation, c'est un thé qui pourra être infusé aussi bien avec de l'eau à 70°C, pour une liqueur forte mais très douce, qu'à 80°C pour une liqueur plus vigoureuse et riche encore, mais très équilibrée avec une pointe d'astringence.
Dans les deux cas, nous avons une liqueur fortement parfumée, où dominent des notes de fruits secs grillés, révélant une torréfaction forte, sur une texture plutôt minérale, presque tourbées, des saveurs de pin, mais avec aussi des impressions sucrées.


L'impact en bouche est immédiat. Tourbes, herbes sèches, humus sont autant de saveurs qui apparaissent dans un ensemble présentant beaucoup de douceur, un umami sans excès qui se révèle tout de même avec force dans l'after, avec une longueur en bouche extraordinaire. C'est un thé qui a du corps, du coffre, exceptionnel. On peut y faire apparaitre un peu d’astringence selon la température d'infusion, mais jamais celle-ci ne devient franchement forte, ni même gênante, toujours en équilibre, et ce aussi sur les infusions successives.

C'est un thé qui a du caractère, qui reflète à mon avis son terroir, sans recherche d'une perfection académique. Sa puissance ne se tari pas même sur quatre belles infusions. Caractère ne veut pas dire typé, ce sencha montrant aussi en effet les qualités du cultivar Yabukita. Il se montre couillu du début à la fin, du parfum des feuilles sèches jusqu'à l'after, de la 1ère à la dernière infusion.
C'est l'un des thés que je considère comme vraiment immanquable dans ma sélection.

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