Bienvenue à toutes et à tous

Premier français certifié Instructeur en Thé Japonais, c'est avec l'ambition de diffuser des informations sûres et détaillées sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog en 2009. Vous y trouverez ainsi des compléments d'informations et un point de vue différent par rapport au site de vente Aozuru-chaho Thés du Japon

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

mercredi 23 décembre 2020

Un Qingxin-wulong de Sashima

 Cela fait pas mal de temps que je n'ai publié sur mon blog. Sans que cela ait été volontaire, le thé que je vais évoquer aujourd'hui est dans la continuité de mes deux derniers articles puisqu'il s'agit d'un thé de Sashima, c'est à dire du département de Ibaraki au nord-est de Tôkyô. 

Ce thé est tout sauf commun dans la mesure où d'une part il s'agit d'un thé oolong, et surtout, d'autre part qu'il est fait avec le cultivar Qingxin-wulong. Oui il s'agit bien du cultivar taïwanais très connu et ancien, très largement utilisé pour les oolong à Taïwan.

Les différentes machines utilisées par le producteur M. Kimura pour ce thé proviennent aussi de l'île de Formose. 

En fait, cela fait de nombreuses années que je connais cette production et son producteur, sans avoir particulièrement eu l'occasion de présenter ses thés sur Thés du Japon. En même temps l'idée me trottait bien dans la tête. Il faut dire que si la production de thé noir au Japon est maintenant très riche, avec une qualité qui ne cesse d’augmenter, le thé dit semi-fermenté (semi-oxydé en réalité) type oolong est bien moins représenté, ceux de qualité étant bien rares encore. Les quelques occasions que j'avais pu avoir par le passé de boire ce Qingxin-wulong de Sashima m'avaient toujours bluffées, tout en me confirmant fortement l'importance du cultivar dans l’élaboration de certains thés.  Ce dernier point est néanmoins à relativiser au fait qu'il est plus facile de se rendre compte de la qualité d'un produit en rapport à un standard connu, ici les oolong taiwanais faits avec ce cultivar.

Il s'agit ici donc d'un thé proche du style baozhong, non torréfié. 


Avec ce thé surprenant nous sommes clairement dans des arômes floraux. Par ailleurs, s'il conserve une sensation fraîche et un peu végétales, il y a aussi dans les arômes quelque chose de légèrement sucré. La liqueur est très pure et fluide, sans astringence, avec une belle et agréable persistance en bouche. On ne remarque pas de changement radical d'une infusion à une autre, mais plus d'intensité des arômes.

Ce caractère floral est très typique et en même temps difficile pour moi à exprimer. Il y a des tonalités de lavande, mais pas de la fleur pure, plutôt d'un arôme de lavande qu'on trouverait dans une sucrerie. En même temps j'y ressens aussi des notes de rose, là encore ce que l'on trouverait avec de l'eau de rose dans un parfum léger.

Ces arômes subtiles apparaissent plus encore en rétro-olfaction, dans un after particulièrement riche et élégant.


Ce Oolong de Sashima est une merveille qui me régale tout particulièrement depuis quelques semaines. 

La beauté de ses arômes, sa réussite en tant que oolong sont des qualités qui peuvent évidemment être aussi pensées sinon comme des défauts, comme un manque d’originalité pour un "thé japonais", pouvant ici tout à fait être confondu avec une production taïwanaise. 

Je pense pour ma part qu'il ne faut pas bouder notre plaisir, saluer la performance, et s'en délecter. Il faut aussi admirer l’adaptabilité de ce cultivar Qingxin-wulong.