Bienvenue à toutes et à tous

Premier français certifié Instructeur en Thé Japonais, c'est avec l'ambition de diffuser des informations sûres et détaillées sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog en 2009. Vous y trouverez ainsi des compléments d'informations et un point de vue différent par rapport au site de vente Aozuru-chaho Thés du Japon

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

samedi 21 mars 2020

Benihikari autumnal de Fuji

Avec ce thé noir très intéressant, je retrouve M. Akiyama de la ville de Fuji, juste au pied du célèbre volcan à Shizuoka. Non pas que j'étais en froid avec lui ou même avais perdu intérêt pour ses thés, seulement, les circonstances (timing du raffinage des thés essentiellement) ne fonctionnait plus. Une visite au bon moment et me voilà à déguster certains de ses thés noirs (quels progrès depuis quelques années !),  et notamment cet "autumnal" (récolte d'automne) cultivar Benihikari. Le producteur lui-même était particulièrement élogieux à propos de ce thé.

En effet, ce Benihikari a un parfum tout à fait singulier, qui dépasse largement les arômes auxquels ce cépage nous a habitué.
Le parfum mentholé et camphré qui caractérise Benihikari est bel et bien présent mais plus en arrière-plan, comme un support à d'autres arômes, conférant à ce thé noir d'automne une richesse, mais aussi une personnalité toute particulière.
Nous avons un thé noir à l'aspect typique, aux feuilles sombres et relativement brisées. L'attaque en bouche est puissante pour une liqueur un peu tannique, avec de légère notes de bois sec.
 Au nez, après une brève impression un peu verte, on ressent en effet le parfum mentholé et camphré de Benihikari, avec aussi des notes de zeste de d'agrume, comme impression stimulante évoquant le pamplemousse. Aussi, il y a une senteurs plus gourmande qui, sans être sucrée, donne une impression crémeuse et beurrée.
Le tout se prolonge durablement en retro-olfaction et en un after-taste marqué.

Bref, c'est un thé noir riche et complexe, à la personnalité forte.  Il ne plaira pas forcement à tout le monde mais sa qualité tout comme son originalité en tant que thé noir sont indéniables.
De plus il démontre le potentiel, jusqu'à présent encore peut exploité au Japon des récoltes d'automne pour le thé noir (même si pour plusieurs raisons, de taille des arbustes et de manque d'uniformité des feuilles notamment, la chose peut être difficile), ainsi que celui, si cela était encore nécessaire, du cépage Benihikari.

lundi 16 mars 2020

Thé noir Yabukita 1st flush de Sashima

Depuis la saison 2019, je commence enfin à avoir de a réactivité hors du Japon envers les thés noir japonais. Il faut dire que la sélection est plus riche, tant, je pense, en quantité qu’en qualité, mais aussi en diversité (à ce niveau les cinq nouveautés de mars sont particulièrement formidables).

Comme je l’ai déjà dit je ne pense pas que le Japon devienne ni ne devrait devenir un grand pays du thé noir. Cependant, en restant dans une optique de qualité, cela reste un atout complémentaire très intéressant pour satisfaire les fanatiques de thé en général, et pour apporter un second souffle dans cette industrie en grande difficulté qu'est le thé au Japon.

Dans la mesure où il n’y a pas une méthode de fabrication typique japonaise, certains s’inspirant des Ceylan, d’autre de thés indiens, parfois taïwanais, la typicité japonaise des thés noir provient des théiers eux même, des cultivars donc. Outre certains cépages à thé vert donnant de très belles choses (Izumi, Kôshun, etc) il y a les cépages à thé noir, Benifûki essentiellement, puis Benihikari. Pourtant bien d’autres variétés à thé noir furent développées avant ces deux là, complètement ou presque inexploitées, ce potentiel laisse rêveur. Il serait intéressant pour les producteurs d'aller puiser dans cette réserve (exemple intéressants de Karabeni, ou bien de Izumi, ancien cépage à kama-iri jamais exploité, qui recemment exhumé par un producteur de Sashima est devenu une des stars du thé noir). 
Mais le cépage ne fait pas tout, il apporte une caractéristique aromatique, mais la technique reste essentielle. C’est justement ce que l’on peut constater avec ce délicieux thé noir de Sashima, fait avec Yabukita. Alors qu'on considère souvent Yabukita peu adapter à la fabrication de thé noir, celui est merveilleux.

Dans la newsletter j’évoque le Benihikari de Fuji comme le thé du mois, serré avec le Benifûki de Shimada, mais je vais finalement d'abord évoquer ce Yabukita de Sashima.

Il s'agit d'un first flush par M. Yoshida, très connu pour son Izumi évoqué plus haut, dont je propose aussi quelques sencha. Et ce thé noir Yabukita provient de la même plantation que l'excellent sencha de Sashima Yabukita. Même date de récolte également. En bref, une partie des mêmes feuilles furent utilisées pour faire un sencha et l'autre partie pour faire un thé noir. Chacun dans des genres différents sont des grandes réussites.

Les feuilles sèches sentent à la fois de cacao et les agrumes. Frais et profond ce parfum est très agréable et laisse deviner une oxydation faible.

L'infusion donne en effet une belle liqueur claire orangée témoignant de l'oxydation légère. Le parfum est sucré et légèrement floral. D'abord on y ressent la torréfaction importante, puis on remarque plus de richesse, du caramel, un peu de vanille, de l'agrume vivifiant, une touche d'anis.


En bouche c'est bien sûr très doux et sucré. L'attaque est très soyeuse sans aucune astringence. C'est dans un deuxième temps qu'arrivent les arômes sucrés de ce thé, avec une impression un peu florale, et des notes boisées.
Ces arômes s'expriment ensuite avec force en after-taste. Ce thé noir Yabukita procure aussi une belle longueur en bouche.

A la fois très léger et aromatiquement très riche, ce thé noir de Sashima est aussi très fin, sans caractère tannique.