Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

vendredi 1 mai 2020

Shincha 2020, Sencha cultivar Sôfû de Tokunoshima

Je pense que pour les amateurs, même très avertis, de thé japonais, le toponyme de Tokunoshima n'est pas bien familier. Il s'agit en effet d'une petite île de 80 km de côte située dans l'archipel de Amami au sud de Kagoshima. C'est une île sub-tropicale juste au nord d'Okinawa et qui se trouve dans l'aire culturelle des îles Ryûkyû.
Son agriculture est plus tournée vers la canne à sucre et les fruits tropicaux que vers le thé, dont la culture y a disparu après la 2nde guerre mondiale... Avant d'y être réintroduit par une famille de producteurs dans les années 2000. Ceux-ci se sont tournés vers des cépages en général plus à l'aise sous un climat chaud, Benifûki, Sunrouge, et enfin Sôfû que je présente aujourd'hui. Il s'agit d'une récolte du 27 mars.

Je rappelle que Sôfû est un cépage de type inzatsu issu du croisement Yabukita x Inzatsu 131.
 Un examen rapide des feuilles montre qu'il ne s'agit pas d'un "grand cru" selon les standards classiques mais ce thé n'en est pas moins intéressant... au contraire.

Même pour un Sôfû il me semble tout à fait original. Alors que l'on tourne avec Sôfû habituellement autour du floral, du raisin blanc, parfois du jasmin, ici il me semble d'abord ressentir des notes d'agrumes, d'orange et de pamplemousse. Ensuite il y a néanmoins bien des notes florales.
En bouche on a clairement la sensation d'un sencha du soleil. Il y a très peu d'umami et une structure tannique évidente. Pourtant, cette sensation astringente donne beaucoup de charme à ce sencha, d'une part parce qu’elle est suivi sur le palais par une forte persistance sucrée, et aussi parcequ'elle entre en écho avec les arômes d'agrumes, de plamplemousse particulièrement.
Aussi, on y trouve des nuances beurrées donnant au tout une touche gourmande.

C'est un thé à préparé bien chaud, dont les arômes seront plus évidents en 2nde et 3ème infusions. Mais aussi, il peut être bu dans un verre à la chinoise, avec de l'eau très chaude, en rajoutant de l'eau au fur et à mesure. C'est une bonne méthode pour profiter de son parfum.
Pour finir voilà un sencha inhabituel, qui change aussi des Sôfû que j'ai pu présenter jusqu'à présent. Certes ce n'est pas un thé qui joue dans la finesse et l'élégance, mais il est original du point de vu aromatique, et possède beaucoup de volume.

mardi 28 avril 2020

Shincha 2020, fukamushi Yamakai de Shimada

Voilà un thé, un type de thé disons, très nouveau dans ma sélection : un vrai bon fukamushi de Shizuoka, non ombré, c'est à dire pas de ces fukamushi modernes visant seulement une couleur très verte et opaque, non, c'est un thé vraiment fortement étuvé, dont les feuilles deviennent alors plus jaune, et qui conserve de la force sur plusieurs infusions.
Cela faisait longtemps que je voulais un fukamushi de Shizuoka de ce type, sans rien trouver qui se rapproche de l'image que j'avais, et c'est par hasard que j'ai pu en avoir un l'an passé, me faisant connaître par la même occasion le secteur de Hatsukura à Shimada. En plus c'était un cultivar Yamakai que j'aime tant. Il m'en fallait de nouveau cette année !
Malheureusement, la retraite de la personne grâce à qui j'avais pu avoir ce thé a compliqué les choses. Grâce à la présentation d'un producteur de Shimada que je connais, j'ai pu obtenir deux échantillons de aracha (thés bruts non raffinés) Yamakai de Hatsukura. L'un de la même usine que l'an dernier, l'autre d'une différente, et c'est finalement ce dernier qui cette année était le plus proche de mes attentes. Commande, et quelques jours plus tard le raffinage est fait selon mes souhaits. Pas de déception !
Ce n'est bien sûr pas le type de thé dont on va attendre un fort parfum, d'autant plus que la torréfaction est assez faible, pourtant la l'infusion confère une senteur verte et sucrée, juteuse et fruitée.

En bouche ce sencha est très plein, très rond, sans être complètement dénué d'astringence. En même temps, l'umami est modéré, et la liqueur, bien que puissante, n'est pas épaisse et reste rafraîchissante. Les arômes sont ceux de fruits estivaux juteux, avec une sensation sucrée proche de celle du melon. Sur ce point, on reconnaît bien la personnalité de Yamakai, bien qu'elle s'exprime de manière très différente de ce qu'on trouve sur des sencha de montagne peu étuvés.
La deuxième infusion arrive en bouche, moins fine peut-être, mais plus puissante encore. On retrouve ce sucré fruité particulier qui se poursuit en un after-taste très fort, et une longueur en bouche incroyable.
On fera sans peine une troisième infusion tout aussi succulente, voire même une quatrième.

Ce mélange de force, de rondeur mais aussi de fluidité, ce à quoi il faut ajouter ces délicieux arômes estivaux, font de ce fukamushi sencha cépage Yamakai un thé qui mérite le détour, n'accrochera peut-être pas tout le monde, mais pourra sans aucun doute engendrer son lot de fans. Moi j'en suis un.